De bon matin, je rencontrais… Paris 2018!

Une ville parmi tant d’autres, pensez-vous? Paris représente 2000 ans d’Histoire et au-delà… Et chaque pas foulé, chaque regard posé nous racontent ses joies, ses peines, ses colères et ses amours!

Pomone de Robert Wlérick ( 1937) - Déesse des Fruits

Nous traversons une étrange période, mais dans “l’avant-covid”, et “l’avant-gilet jaune”, Paris était touristiquement très animée ! Il faut dire que la France est la N°1 mondiale du tourisme et que Paris intra-muros recense près de 2500 sites d’intérêt... C'est tout؟

En 2018, la ville lumière et sa banlieue comptabilisaient un chiffre record de 38 millions de touristes!

Notre-Dame est alors le monument le plus visité du Grand Paris avec 12 millions de visiteurs!

Mais 2018, c’est aussi l’année du clip de Beyoncé et Jay -Z qui firent grimper de +20% les fréquentations du Louvre, l’inauguration de l’Atelier des Lumières et l'ouverture du plus grand restaurant d’Europe: La Felicità!


Faisons un petit retour en arrière, et revivons une matinée de l’année 2018...



Destination: En Route pour Paris, épopée 2018



Ce matin-là, je suis attendue par Miss Eiffel!


Je dépose ma fille à la crèche, je veux lui faire un câlin, mais elle est déjà en train de fouiller dans la bibliothèque… Je m’éloigne le cœur serré, ce n'est jamais facile de confier son trésor de 3 ans… Je file prendre mon RER.


Dans mon train, les passagers terminent leur nuit. Un sentiment de solitude m'envahit… Suis-je folle d'être contente partir travailler?!

Enfin à Paris! Tout est différent ici: Les transports grouillent de monde qui se presse, se bouscule. La foule d’Edith Piaf, en moins glamour… Je rentre dans le métro; difficile de respirer coincés comme des sardines... Je n'arrive même pas à attraper mon téléphone pour vérifier l'heure! En parlant de sardine, j'ai toujours du mal à supporter les odeurs de bon matin. Je suis saucissonnée entre un gars un peu louche et une jeune femme tirée par 4 épingles … La rame démarre! Youpi!

Je scrute... Je m'ennuie... j’imagine que le type louche, a fait la fête toute la nuit dans un bar du 11ème, qu’il a sorti le grand jeu en dansant comme John Travolta… Je rigole, le type me dévisage... Conclusion: il rentre bredouille… Il va se coucher pour avoir l’air crédible cet après-midi au travail. Je tourne la tête, l'éthanol est vraiment violent… Mes yeux croisent ceux de la jeune: elle semble excédée, ce train qui n’avance pas! Oh non! Le voilà qui s’éternise à la station, ça la rend dingue! Les mimiques exagérées sur son visage en disent long… C'est amusant comme les parisiens ne se parlent jamais, sauf lorsqu'ils sont en colère! C'est uniquement dans ces moments qu'ils veulent échanger avec l'autre… Et l'autre c'est moi en l'occurrence! Mais, je n'ai aucune raison d'être en colère puisque je sais que dans cette station, les conducteurs font la relève! Peut-être une particularité de la ligne 6: Le coin "pause" des agents RATP n'est pas au Terminus… Je me demande d’ailleurs si je suis la seule à le savoir? Ah, autant pour moi, le wagon se vide soudainement d'une foule de passagers qui se rue pour attraper le métro sur le quai d'en face, qui part aussitôt… La jeune femme est dépitée! Je la rassure en lui signalant que notre train aussi va partir! Que n'avais-je pas fait là?! Lui parler??? Nerveuse, elle a un petit rire gênée, baisse les yeux et balance la tête violemment en arrière, faisant un éventail de ses cheveux qui atterrissent sur le visage des personnes derrière elle : Ce n'était pas une bonne idée… La grande blonde ne semble pas du tout apprécier: Crise d’éternuement!

Ah! Le train redémarre! Je suis sur le starting-block!

Trocadéro, je descends! Vite, j’ai le cœur qui bat, je sors du métro comme une animale sauvage qui recouvre sa liberté! Haletante, je m’essaie à la marche rapide… Bon, finalement, j'abandonne… j'ai fait peur à une petite mamie.

Vue depuis le Parvis des droits de l'Homme

Enfin! Je la vois:


La Tour est là, devant moi, fière et élancée, enveloppée de ce gris matinal qui se détache, à la manière d’un clair-obscur, des flammes de l’aube…

Paris se réveille doucement à mesure que je m’approche…


Les pigeons m’accueillent, et j’ai le sentiment profond d’être une privilégiée:

Paris commence à me chuchoter son histoire …


Je sens une incroyable énergie me happer, plus de 2000 ans d’Histoire tournoient autour de moi. Enivrée, je suis comme Alice au pays des Merveilles!


Je contemple les 8 statues dorées du parvis datant de 1937 . De jeunes femmes, allégories du "renouveau" tant espéré de l'entre deux-guerres, y représentent la jeunesse, les oiseaux, le matin, … un seul garçon dans ce lot pour symboliser les jardins! Aussi étrange que cela puisse paraître, chacune de ces allégories a été sculptées par un artiste différent. Mes yeux se posent alors sur les lignes imposantes des bâtiments! Une architecture Art Déco pour les deux ailes qui autrefois plus petites, encadraient le Palais du Trocadéro . Cette salle de spectacle de 1878, était considérée comme la plus grande d'Europe, mais une acoustique déplorable et un taux de fréquentation rasant le sol, on la démolit en 1937 pour laisser place à une autre salle plus adaptée: Le Palais de Chaillot! Construit dans les entrailles de la colline de Chaillot, cela permit d'ouvrir ce parvis pour une vue grandiose sur la Tour Eiffel! En traversant les jardins, je repense à l'exposition universelle de 1937... Dans une période où chacun tentait de prôner la paix, se tenaient ici, deux pavillons qui se faisaient face, l'un soviétique et l'autre allemand … J'imagine le déroulement de ces festivités, alors que les visiteurs venus du monde entier ne soupçonnent rien des évènements tragiques qui vont suivre. J’ai des frissons d’angoisse…

Le klaxonne d’un parisien agacé me sort de ma torpeur: Des touristes se prennent en photo en plein milieu de la rue! Peut-être que le projet de végétalisation du pont n’est pas une si mauvaise idée…


Je m’arrête un instant face à la Seine…


Des mouettes virevoltent au-dessus du fleuve, elles font une terrible concurrence aux pigeons… Mais, trouvent-elles des poissons comestibles dans cette eau sombre et angoissante?

Quand on sait que la Seine faisait jadis, la renommée de la cité! L'eau y était d'une pureté sans pareille, les poissons y étaient nombreux et la pêche toujours fructueuse!

Un potamologue ( oui, moi aussi j’ai appris un nouveau mot…) pourrait bien vous briser tous vos rêves d’historiens passionnés… Car “ la Seine” n’est en fait : pas la Seine! Mais, nous en reparlerons une autre fois…


Car je dois rejoindre mes collègues au pied de la Tour. Là, où, s’organisent de grands travaux ! On y installe un étrange mur pour remplacer les barrières dites "de police"! Ces dernières étaient partout et par centaines autour de la dame de fer…



Ce nouveau mur moitié-verre/moitié- métal , mesure 1/100ème de la Tour, soit 3,24 mètres de haut! La partie en verre, épaisse de 6,5 cm, est incassable, et évite toute intrusion! L'autre partie en métal, imite les jolies courbes de la grande tour et possède la particularité d'être quasi invisible!


Les visiteurs se pressent déjà devant les premières bornes de sécurité…


Et me voilà, 2 heures plus tard, la tête dans les nuages!




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